Vaccination : les dernières actualités

Vaccination : les dernières actualités

L’automne ramène son lot habituel de rhumes, de fatigue et, cette année encore, une question qui revient sur toutes les lèvres : quand se faire vacciner. En France, le calendrier vient tout juste de tomber et il mérite qu’on s’y attarde, tant les nouveautés s’accumulent depuis quelques semaines.

Une rentrée vaccinale sous tension

La Direction générale de la santé a tranché. La campagne conjointe contre la grippe saisonnière et le Covid-19 démarrera le 13 octobre sur l’ensemble du territoire métropolitain, ainsi qu’en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Mayotte fait bande à part puisque sa campagne a débuté dès septembre, tandis que La Réunion suit un calendrier calé sur l’hémisphère sud. Pour s’y retrouver plus largement, les autorités renvoient d’ailleurs vers des recommandations vaccinales actualisées, utiles pour vérifier ses propres échéances de rappel avant l’hiver.

Ce timing n’a rien d’anodin. Le Covid-19 repart doucement à la hausse depuis la rentrée, avec une progression des consultations qui a atteint 76 % en une semaine selon les derniers relevés. Plusieurs médecins réclament d’ailleurs une avancée du calendrier, jugeant le 13 octobre trop tardif face à une circulation virale déjà bien engagée. Le vaccin retenu pour cette campagne reste un monovalent adapté à la souche LP.8.1, preuve que le virus continue sa dérive génétique année après année.

Deux vaccins antigrippaux mis en avant chez les seniors

Nouveauté marquante de cette saison, deux vaccins contre la grippe sont désormais privilégiés pour les personnes de 65 ans et plus. Il s’agit d’un vaccin à dose élevée, pensé pour stimuler davantage une immunité vieillissante, et d’un second contenant un adjuvant renforçant la réponse immunitaire. Les formulations classiques restent disponibles et parfaitement utilisables, mais l’idée est clairement d’orienter les plus fragiles vers des options jugées plus protectrices.

Autre changement de fond, certains professionnels comme les infirmiers peuvent désormais prescrire et administrer eux-mêmes le vaccin, sans passer systématiquement par une ordonnance médicale préalable. Concrètement, cela simplifie l’accès en officine ou en cabinet, à un moment où chaque minute gagnée compte pour élargir la couverture. Il faut dire que la France traîne un vrai retard sur ce terrain, les couvertures vaccinales contre la grippe demeurant nettement en dessous de l’objectif des 75 % chez les publics à risque, à l’exception notable des Ehpad, où la vaccination reste bien ancrée.

Le carnet de vaccination numérique, toujours à la traîne

C’est peut-être le constat le plus frappant de ces dernières semaines. La Cour des comptes a publié un rapport sévère sur la politique vaccinale menée depuis 2018, pointant une méconnaissance persistante du statut vaccinal réel des Français. Le carnet électronique, censé centraliser ces informations dans le dossier médical partagé, n’en est encore, selon ses propres mots, qu’à ses balbutiements.

Dans les faits, ce sont presque exclusivement les pharmaciens qui alimentent cet outil, avec près de 94 % des notes versées provenant d’eux. Les médecins, infirmiers ou sages-femmes peuvent le faire aussi, mais la démarche reste fastidieuse puisqu’elle demande une double saisie, en plus de leur propre logiciel métier. Résultat, à peine 11 % des dossiers médicaux partagés activés contenaient une note de vaccination fin octobre 2025. Une évolution des logiciels professionnels est promise pour 2027 et 2028, ce qui, avouons-le, laisse présager encore de longs mois d’attente avant un outil vraiment fonctionnel.

La bronchiolite, angle mort trop souvent oublié

Pendant que l’attention se porte sur la grippe et le Covid, la prévention contre la bronchiolite a elle aussi entamé sa campagne annuelle, dès la mi-septembre. La grande nouveauté cette année tient à l’arrivée d’un troisième anticorps monoclonal, qui vient compléter l’arsenal déjà disponible pour les nourrissons. Trois options coexistent désormais, ce qui devrait, en théorie, fluidifier l’accès pour les familles et les maternités.

Reste que la mémoire des hivers précédents pèse lourd. Moins de la moitié des bébés nés entre février et août avaient été protégés l’an passé, un chiffre qui a poussé les sociétés savantes à hausser le ton. Le sujet illustre bien une tension récurrente dans la politique vaccinale française, celle d’un arsenal thérapeutique qui s’étoffe sans que l’adhésion suive au même rythme. On peut multiplier les outils, si le message ne passe pas correctement auprès des parents et des soignants, l’écart entre l’offre et le recours effectif continuera de se creuser.

Atdn.org

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